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 Kita's fanfic

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Kita
Onigri
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MessageSujet: Kita's fanfic   Lun 14 Mar - 21:08

Bidonjour! Comme personne n'a l'air de vouloir poster de fanfic, je me lance Smile

C'est avec une fiction avec les personnages du manga Naruto que je commence...(romance, drame)
Cette histoire n'est pas complète pour l'instant, mais assez longue pour vous mettre l'eau à la bouche (enfin...j'espère!)
S'il n'y a pas d'imprévu, je la posterai en deux partis... Voilà donc la première!

Bonne lecture !

NO COPYRIGHT PLEASE
(même si je n'ai pas la prétention d'être une grande écrivaine, vaut mieux prévenir que guérir comme on dit !)



« Désolé… J’en ai marre de tes caprices… Au revoir… »

C’étaient ses derniers mots. A lui, sa trente neuvième conquête… C’était sa trente neuvième rupture. Et pour la trente neuvième fois, elle entendait les mêmes mots, et réagissait de la même façon…

N’importe quoi ! Moi ? Capricieuse ? S’il pense trouvait mieux ailleurs… Quel connard ! pensait-elle avant de s’enfuir, en cachant ses larmes.

Elle avait les cheveux longs, brillants, extrêmement soyeux, d’un blond qu’on pourrait qualifier de dangereux tellement son charme était grand. Ses yeux étaient bleus, ni le bleu du ciel, ni le bleu de l’océan, c’était le bleu claire, le bleu turquoise d’un lagon des Caraïbes. Ils étaient pétillants de jeunesse et de malice. Peut-être un peu trop au goût de ses ex. Mais qu’importait ce détail ? Elle était splendide. Son teint était frais, ni trop claire, ni trop bronzé. En plus de cela, il était naturel ! Les séances d’UV ne lui étaient pas nécessaires… Son corps n’était pas moins parfait que son visage. Des mensurations dignes de celles d’un mannequin. Pourquoi malgré cette beauté, n’en était-elle pas une me direz-vous ? Manque d’opportunité, voilà tout. Mais il est certain, que si elle s’était retrouvée dans la même pièce qu’un photographe, celui-ci n’aurait pu résister.
Elle était belle, et elle le savait. Cela aurait pu la rendre irritable et prétentieuse, mais non. Au fond d’elle, la naïveté régnait…

Elle croyait sincèrement avoir vécu des choses. Elle pensait connaitre la tristesse, après ses trente- neuf ruptures, ou encore après le décès de sa grand-mère, avec qui elle était si proche.
Elle estimait savoir ce qu’était une situation difficile, ses parents ayant divorcés. De ce fait, elle changeait de domicile le week-end, pour revenir en début de semaine.
Elle s’imaginait savoir ce que c’était que d’avoir mal. Après tout, ces règles étaient vraiment douloureuses… Elle s’était même cassé le poignet une fois !

Se sentir mal, être bourré, planer, tout ça elle croyait connaître… Les fêtes arrosées, les nausées, les migraines et la fatigue. Les pincements au cœur, la honte, les disputes et les bagarres. Naïvement, elle croyait avoir déjà collectionné toutes ces expériences durant ces seize petites années d’existence.

Vivre à fond. C’est cela. Elle pensait vivre à fond.

Jamais elle ne s’était rendue compte que son univers entier fût aussi futile qu’il ne l’était réellement. Jamais elle n’avait remarqué le cocon, que ses parents, sa famille, ses amis, son entourage avait confectionné autour d’elle. Elle pensait déjà être nue dans le grand bain. Jamais elle n’aurait songé se trouver seulement dans la pataugeoire, chauffée et surveillée de près. Sa sécurité, elle ne la voyait pas. Sa vie sûre, banale et totalement encadrée, était celle de n’importe quel jeune de son âge. Mais elle était aveugle.

Tous les soirs elle rentrait chez elle, râlait un peu en faisant ses devoirs, mangeait un repas copieux, restait des heures dans la salle de bain à se pomponner, pour aller se coucher, dans un lit chaud et confortable. Tous les matins, elle se levait à la même heure, excepté le dimanche, où elle s’accordait une grâce matinée, elle se préparait pour se rendre à un lycée tout à fait banal, plein de gens banals, qui aspiraient tous à une destinée banale. D’ailleurs, ces gens se ressemblaient tous. Ils étaient tous habillés pareil, avaient tous des sacs de la même marque à la mode, portaient tous les même baskets Ben Simon, les même talons de chez Minelli, ils avaient tous demandé à leur coiffeur la même coupe que Blake Lively ou Chace Crawford… Pas un brin d’originalité. Pas une touche d’extravagance. Pas une note de fantaisie. Ils suivaient tous le modèle qu’on leur disait de suivre, sans se poser de questions...moutons de Panurge dit-on...
Cette fille, si mignonnement naïve, qui croyait tout connaitre de son existence et d’elle-même, mais qui était en réalité, au même niveau de banalité que le lycée dans lequel elle passait ses journées, elle s’appelait Ino.

Et Ino ne se serai sans doute aperçu de rien pendant des années encore, si ce trente-neuvième petit ami n’en avait pas eu marre de ses « caprices ». Car s’il était resté auprès d’elle, en jouant son rôle, jamais la belle blonde ne l’aurait pas rencontré... Jamais elle n’aurait rencontré sa quarantième proie... Son quarantième amant...Celui qui était à l’origine de tout...

**

« Han mais pleure pas ma chérie… Tu verras, tu l’oublieras ! Comme tous les autres ! »

Ino s’était réfugiée chez une amie, enfin, elle n’en avait que le titre. En effet, elle la trouvait irrémédiablement idiote. Toujours est-il que le jour de la rentrée, c’était la seule qui n’eut pas peur de se rapprocher de la belle blonde. Toutes les autres la regardaient avec méfiance, l’air de penser « Si on traine avec elle, ça nous fera de la concurrence ». Mais pas Sakura. Non, Sakura ne craignait pas la concurrence, c’était elle qui la faisait. C’est donc ainsi qu’Ino s’était résolue à la traiter comme une amie.

Sakura s’éclipsa pour revenir cinq minutes plus tard, chargée d’un plateau en argent : plaquettes de chocolat, pot de Nutella, barres de céréales... Tout pour remettre un petit cœur triste d’aplomb parait-il. Elles passèrent le reste de l’après-midi à s’empiffrer, comme des filles qui ne se soucient pas de leur poids...

A neuf heures, elles finirent PS : I love you, leur quatrième film du genre, et Sakura insista pour sortir. Ino suivit le mouvement, pas vraiment convaincue, mais elle n’avait pas la force de protester... Si seulement elle avait eu cette énergie...
Son « amie » l’amena au centre ville, dans un appartement délabré, dont la destruction avait été programmée.

« T’es sure que c’est une bonne idée de squatter là ? demanda quand même la blonde.
-Mais oui, t’inquiètes, je connais les hôtes... »

Sur ces mots Sakura s’éloigna pour rejoindre un groupe de cinq garçons, tous avec une clope au bec, une bière (ou autre chose) en main, et un même sourire radieusement sournois à l’approche de la jeune fille aux cheveux roses.

Ino ne le suivit pas, elle n’était vraiment pas d’humeur. Elle s’assit plutôt dans un coin, après avoir déniché une cannette. Elle observait de là les énergumènes rassemblés dans cet endroit sinistre, commentait chaque physique, chaque comportement dans sa tête. Et elle se mit à rire. Là. Seule. Elle riait. Premiers signes de rétablissement psychologique. Elle se demanda alors ce qu’elle faisait là. Pas grand-chose, si ce n’était rien. Tous ces gens étaient étranges, ils ne ressemblaient pas à ceux qu’elle croisait d’habitude dans les boîtes de la ville. Elle voulut se relever, retrouver Sakura, et fuir cet immeuble à l’abandon. Bien entreprenante cette Ino. Elle ne put même pas achever son premier objectif, un peu chancelante à cause de la bière. La blonde tenta une nouvelle fois de s’extirper de son coin, mais sa jambe glissa... BAM.

Quelqu’un venait de trébucher sur son pied.

« OH ! Pard... »

Elle ne put achever sa phrase, car ses yeux se posèrent sur lui... Rien de comparable à ce qu’elle avait déjà vu, embrassé, possédé, haï, pleuré... Non rien.
Une peau blanche, comme celle d’un vampire. Des yeux pénétrant par leur semblant d’innocence. Un visage à la fois mystérieux et révélé. A la fois virile et enfantin. Un visage plein d’antithèses, plein de contrastes, presque invisible, totalement imperceptible.

« C’est rien... Mais qu’est-ce que tu fais dans ce coin ?
-Rien...Je guettais.
-Et tu guettais quoi ?
-Les gens.
-Et on guette bien les gens d’ici ?
-Oui, à merveille.
-Alors, si tu permets... »

Le jeune homme s’assit aux côtés d’Ino, dans ce petit coin. Ils étaient collés l’un à l’autre. Dans cette situation, n’importe quelles personnes de sexe opposé se seraient senties soit gênées, soit excitées. Mais ce n’était pas leur cas. Ino le touchait, elle pouvait le regarder, mais elle ne le ressentait pas. C’était comme s’il n’avait pas existé à ces côtés. Comme s’il n’était qu’un fantôme, qu’un mirage, qu’une illusion. Pourtant, elle savait qu’il était là. Comme pour s’en assurer, elle engagea la conversation après un long silence.

« C’est quoi ton nom ?
-Saï...
-...
-...
-Tu ne me demandes pas le mien ?
-Ino, c’est ça ?
-Comment tu sais ?
-Je suis devin.
-Très drôle... Tu connais Sakura hein ?
-Pas particulièrement. »

Cette discussion continua aussi étrangement qu’elle avait commencée. Et elle ne fini que quelques heures plus tard, lorsque Sakura revint, bourrée, exténuée et à moitié débraillée.

« J’crois qu’jé fait une con’rie ! Putain ! Iiiino ! Ramène-moi ! »

Sur ces belles paroles elle arrosa le sol. Quelle importance ? De toute manière, il allait être démoli.
Ino se sentit obligée de satisfaire son souhait, bien que cela lui fasse mal au cœur, de quitter un être aussi énigmatique. Cet être l’aida à se relever, et disparu tout de suite. Elle le chercha des yeux, en vain. Alors, la transportant comme on transporte un cadavre, elle ramena son « amie » chez elle... Une fin de soirée qui rappelait l’habitude... Inévitablement... L’habitude d’une fille banale... Mais qui laissa tout de même le bref et flou souvenir d’une belle rencontre...

**

Un énorme stress apparut. Une angoisse, à la limite de la folie. Rien n’était dû au fameux trente neuvième petit ami, non. Lui, il n’avait déjà plus sa place dans l’esprit d’Ino. La cause de cette phobie ? Lui. La « belle rencontre ». Elle ne savait pas. Elle ne savait plus. Qui était-il ? Était-il vraiment là hier ? N’était-il pas le fruit de son imagination, quelque peu torturée par sa rupture et l’alcool ? Était-ce seulement possible qu’un garçon tel que lui puisse exister ? Elle n’en avait plus aucune idée.

Il lui fallait le retrouver. Même si les retrouvailles avaient lieu au pays des rêves, il fallait absolument qu’elle le revoit.

Son esprit obéi à ses volontés, comme s’il s’agissait là d’un ordre. Il lui servi « Saï » en rêve. Elle le vu, le regarda longuement, fut éblouie par son rayonnant visage, fut heureuse, tenta de lui parler. Il ne répondait pas. Il tendait la main, ses doigts commençaient à disparaitre, il s’évanouit totalement, et elle sorti de son coma, émergeant dans un environnement sombre, baigné dans le seul éclairage grisâtre de la lune. Un rêve...

Elle ferma ses volets, de telle sorte que la daltonienne lumière du clair de lune ne puisse plus pénétrer dans son antre. Soudain, la sonnerie de son portable se fit entendre, émanant de sous un tas de fripes.
Sakura...

« Hey chérie ! Je suis désolée pour hier... Je crois que les mecs m’ont droguée...
-Je crois plutôt que t’as trop bu.
-Peut-être bien. Enfin bref, pour me rattraper, je t’invite à une expo que mes parents organisent... C’est en ville, ce soir, alors ça nous permettra de sortir un peu. » Soupira Sakura au bout du fil, comme ci les expositions n’étaient pas assez intenses, assez passionnantes pour elle.

Ino hésita. Elle n’avait aucune envie de voir son « amie ». Pourtant, au fond d’elle, de manière quelque peu égoïste, elle espérait profiter de cette sortie pour voir du monde. Enfin, pas n’importe quel monde... Elle voulait tenter de le retrouver...Lui.

« Ok. Tu passes me chercher à quelle heure ?
-Huit heures chérie, fais-toi belle ! A toute ! »

Et la miss raccrocha, laissant derrière elle une Ino plutôt excitée... L’idée de le chercher, l’incertitude de le retrouver... Tout ça réveillait en elle une certaine peur, mais aussi une impatience extraordinaire.

Le soir arriva et avec la même excitation, elle attendit Sakura (c’était d’ailleurs la première fois). Elle avait enfilé une robe noire, ni trop moulante, ni trop bouffante. Le contraste de couleur avec ses cheveux blond et sa peau claire était déstabilisant, charmeur, incitateur, mais lui procurait quelque chose de pur, d’innocent. Une veste aux épaulettes dorées, brochée d’une fleure blanche. Des petites ballerines noires, sans talon. Elle était splendide ce soir là. C’était prévu.

Le taxi s’arrêta devant le musée d’art moderne. Deux grandes affiches masquaient les murs encadrant la grande porte d’entrée. On pouvait y lire « Exposition : L’Humanité en dessin, Mme. & M. Haruno. » De très mauvais goût selon Ino, mais son avis importait peu. Les deux jeunes filles escaladèrent de petites marches allongées, et passèrent la porte. Là, dans le hall, une foule faisait déjà la queue. Sakura tira la blonde directement vers l’entrée de l’exposition. Un homme en noir, plutôt musclé, avec un regard méchant, une oreillette bien visible, le parfait stéréotype du bon vigile les arrêta.

« Vous devez faire la queue comme tout le monde mesdemoiselles.
-On a des passes V.I.P. ! » gloussa Sakura en sortant deux petits rectangles de papier.
L’homme les regarda un instant, et s’écarta.
« Toutes mes excuses. Vous pouvez entrer. »

**

Les œuvres étaient bien. Sans plus. Sans la magie que recherchait Ino. Bien sûr, elle n’aurait jamais été en mesure de faire mieux. Mais en tant que spectatrice, elle estimait avoir le droit de critique. Sakura ne prêtait pas grande attention aux tableaux et esquisses corporelles. Elle préférait repérer les beaux gosses, draguer les artistes présents. L’habitude. Le jeu. Elle se dirigea vers l’auteur d’un tableau nommé Charmes féminins. Encore un fétichiste coureur de jupon se dit Ino. Elle allait avancer, laissant la miss aux cheveux roses derrière elle, quand une voix familière s’éleva au loin dans la foule...

« Ino ! »

Une main faisant de grands signes en l’air, jusqu’à réussir à s’extirper de la masse vivante.

« Shikamaru ! Ca fait un bail ! Qu’est-ce que tu fous là ?
-Ben... Sakura m’a invité...
-Pourquoi ?! Elle peut pas te blairer d’habitude !
-Ben... Etant donné qu’elle m’a fait un compte rendu détaillé de ta dernière rupture, je pense qu’elle compte sur moi pour te remonter le moral... Ces derniers temps, j’ai l’impression qu’elle veut nous caser ensemble !
-Oh non ! Mais quelle conne !
-Ouais... mais enfin, elle a quand même servi à quelque chose... Pourquoi tu m’avais rien dit ?
-Je voulais pas que tu me remontes le moral... Ca aurait été la trente neuvième fois... Je veux pas abuser de ta gentillesse.
-Arrête un peu de jouer aux héroïnes de shôjô... Tu peux abuser de ma gentillesse autant qu’il te plaira. Je suis là pour ça.
-T’es vraiment le meilleur Shika’... Merci. »fit-elle en baissant timidement les yeux devant son meilleur ami.

Ils discutèrent pendant longtemps. Allant d’un sujet à l’autre. Ino n’osa pas aborder le sujet « Saï ». Sa gentillesse et sa bienveillance naturelles la poussèrent à croire qu’elle l’embêterait en lui contant ses histoires de cœur. Shikamaru était son ami le plus précieux. Il savait la comprendre, et lui changer les idées. Tout le contraire de Sakura. D’ailleurs, celle-ci était toujours avec son peintre pervers. Ino décida d’aller à son secours lorsqu’elle le vit passer sa main derrière son dos, et descendre doucement...

« Désolé, je dois y aller avant que l’autre ne devienne la muse d’un mec qui dessine des filles à poil pour assouvir ses besoins naturels! Profite de ta soirée... »

Elle quitta son ami avec regret, pour sauver « l’autre ». L’auteur de Charmes féminins était une sorte d’énergumène, rasé à l’ancienne, avec de petites lunettes rondes au bout du nez, et une voix grasse. Malgré ça, Sakura ne semblait pas vouloir le quitter... Ino l’y obligea.
Après sa bonne action – qui ne servit pas à grand-chose puisque Sakura se jeta tout de suite sur une autre célébrité – elle voulut prendre l’air. Elle regagna le hall, aperçut un attroupement, voulu jouer les C.Q.R., s’approcha de la scène...

Un haut le cœur, le bonheur débordant de sa poitrine. Un choc, n’y croyant pas. Un sursaut devant cette vision... Il était là, des documents dans une main, l’autre étant agrippé par le bon vigile. Sa mystérieuse rencontre de la veille était là, comme par magie vous dirons certains, comme un clin d’œil du destin vous dirons d’autres. Toujours est-il que Saï était bien présent, réel, vivant... Ino savoura cet instant de pur bonheur, jusqu’à ce qu’elle réalisa la situation : Saï était en train de se faire virer. Pour une raison qui lui échappait, il se faisait malmener par le gorille en noir, et se vit bientôt jeter dehors, comme un malpropre...
Pourquoi ? se demanda la blonde.

Pas le temps de réfléchir à la question, aussitôt que le vigile revint, ayant achevé sa mission, et que la foule préalablement amassée commença à se dissiper, Ino courra, joua des coudes, se démena pour rejoindre elle aussi, mais de son plein gré, la grande porte d’entrée. Elle le chercha des yeux... Son dos, là bas, s’éloignant déjà... Courir, encore et encore. Le rattraper, le retrouver, le regarder en face, là étaient ses seules volontés.

« Eh toi !! » s’écria-t-elle d’une voix stridente qu’elle se découvrait.

Le dos qui avançait s’arrêta, se retourna lentement, laissant vivre le suspens dans le cœur d’Ino...
Un choc, accompagné d’une joie immense. C’était bien lui. Mais avec une expression nouvelle, différente de la veille, et avec –accessoirement- un œil au beurre-noire.

« Mon nom c’est Saï, tu le sais pourtant.
-C’est... c’est vrai... excuse-moi... bégaya-t-elle sous l’influence de ses sentiments.
-Qu’est-ce que tu veux ? demanda le jeune homme d’un ton sec, terriblement différent de celui qu’Ino lui avait attribué.
-Je... Je voulais te voir.
-C’est fait. Au re...
-P...Pourquoi t’a-t-on expulsé du musée ? s’empressa-t-elle de le couper, de peur qu’il ne fuie.
-On dit souvent que la curiosité est un vilain défaut... Mais j’aime pas ce que disent souvent les gens... On m’a jeté dehors parce que j’ai été un peu trop insistant au goût de M. et Mme. Haruno.
-Insistant ?
-Je voulais qu’ils regardent mes dessins.
-Tu dessines ? Je ne savais pas... Hum... Si tu veux je les connais, je pourrais peut-être...
-Laisse. Je ne fais pas parti du même monde qu’eux. Ce serait du gâchis que mes œuvres soient affichées dans leur musée d’escroc ! D’ailleurs, je n’ai pas besoin de ton aide, toi non plus tu ne fais pas partie du même monde que moi...
-Comment ça ? interrogea la belle, sentant ses intestins se nouer.
-Y a qu’à voir ta tenue, ton maquillage... Tout chez toi indique que tu es une petite fille à papa !
-Moi ? Une fille à papa ? Ma tenue ? Mon maquillage ? Angoissa Ino, avant de se reprendre... Si ma tenue ne te plait pas, je peux toujours l’enlever. Si mon comportement laisse à penser que je suis une pauvre bourgeoise ennuyante, je peux toujours te prouver le contraire... » chuchota-t-elle.

Elle était toujours à quelques mètres de Saï, dans la grande rue commerçante de la ville. A cette heure-ci, le passage était encore dense. Malgré les regards, Ino n’hésita pas... Elle voulait tout faire, absolument TOUT pour pouvoir retenir son attention, ne serait-ce que pour une nuit, une heure, ou même quelques secondes. Alors, elle ôta sa veste, la jetant à terre. Ses ballerines furent les secondes. Là voilà pieds nue, bras et jambes à l’air, en petite robe au milieu des passants. Elle commençait à tirer sur la fermeture éclaire de sa robe noire, lorsque Saï, à la fois abasourdi et énervé, s’approcha à pas résolus. Ino sentit son poul s’accélérer. Saï était de plus en plus près. Ino le vit, l’entendit se rapprocher dangereusement. Saï était à présent tout proche, frôlant la belle. Ino était rouge. Saï la prit soudainement dans ses bras.

« Stop. Arrête, tu n’es pas ce genre de fille.
-Qu’est-ce que tu en sais ? Laisse-moi te suivre s’il te plait. Laisse-moi entrer dans ta vie. Laisse moi me défaire de mes habitudes, me détacher de mes proches... J’aimerais une vie moins banale, moins ennuyante, un peu plus pétillante...
-Et qui te dit que je peux t’offrir cette vie là ?
-Je le sens. »

**
Le brun l’emmena dans un bar miteux, situé en bas d’une dizaine d’escaliers sales, dans un quartier sombre, qui visiblement ne valait pas la peine de dépenser le moindre sous dans son éclairage. Ses murs étaient couverts de tags, divers et variés, allant du plus basique et vulgaire, au plus élaboré artistiquement parlant. Quelques tables isolées les unes des autres, où un petit groupe de jeunes adultes célébrait un quelconque évènement, et des tabourets alignés le long du comptoir, où plusieurs solitaires fixaient leur verre de manière acharnée. Ils s’assirent là. Saï commanda deux verres de vodka. Ils burent d’un coup sec, en silence.
La porte du bar se rouvrit, dévoilant derrière elle une sorte de rockeur, aux nombreux piercings, une fleur de lotus dans le cou, un blouson en cuir et sa guitare dans le dos. Ino inspecta le spécimen, fut surprise au premier abord, mais, se souvenant du quartier dans lequel elle se trouvait, se dit qu’il était normal de croiser de tels personnages. Seulement elle n’avait pas l’habitude. Elle était habituée aux grandes rues passantes, toujours surpeuplées par une populace adepte de la banalité. Les garçons qu’elle croisait d’habitude se ressemblaient tous. Leurs petits slim moulants, et chemises déboutonnées venaient tous de la même boutique tendance. De leur paquet de clopes à leur façon de boire ces cocktails à la mode, ils étaient tous semblables. Rien à voir avec les mecs – comme les filles- des quartiers glauques de la ville. Tapie dans l’ombre, la populace les fréquentant était tellement plus originale et affirmée. Chacun avait son style, même si on pouvait les regrouper, chacun se distinguait. Ironie du sort. Ils évitaient les projecteurs. Les projecteurs les évitaient.

C’est de ce point de vu totalement simpliste qu’Ino analysait la société qui l’entourait. Elle réfléchit à tout cela un bon moment, et à la place qu’elle avait dans tout cela. Puis à la place que Saï avait. Elle fréquentait les grands magasins et les terrasses des grandes avenues. Il aimait siroter de la vodka dans des bars crades dans le genre rétro. La peur s’empara une nouvelle fois de la belle blonde. Pour l’évacuer, elle ne trouva rien de mieux que de parler.

« Tu viens souvent ici ?
-Pas vraiment. On ne peut pas dire que je suis ce qu’on appelle un « habitué ». Je ne m’habitue jamais... Enfin, on va dire que j’évite. J’aime le changement. »

La peur s’intensifia. Leur différence devenait de plus en plus flagrante. Elle qui collectionnait les cartes de fidélités, qui ne pouvait se passer de petits rituelles quotidiens, comme son « instant salle de bain », et lui qui disait clairement de pas aimer le train train... Pour la première fois, Ino se demanda réellement s’ils pouvaient être ensemble. Pour une fois, elle mit son égoïsme de côté, et se demanda si leur relation était une bonne idée, si cela les mènerait quelque part... Elle ne put répondre. Elle ne connaissait encore qu’une infime partie de sa personnalité. Rien n’était encore joué, se dit-elle expressément, comme pour se convaincre. Ils enchainèrent les verres, jusqu’à ce que Saï se lève... Il chuchota quelque chose à l’oreille de la blonde.

« J’ai pas d’argent pour payer. Et je vois que tu n’as pas ton sac... On y va ? »

Saï attendit un instant. Ino ne savait pas quoi faire. Elle angoissa, se posant des tonnes de questions...inutiles...

Est-ce un test ? Il veut voir jusqu’où je peux aller pour lui, c’est ça ? Il espère que je vais enfreindre la loi pour lui ? Ce n’est qu’un mec après tout...Mais c’est tentant. Plus que tentant. Irrésistible. J’ai tellement envie de le suivre. Après tout, on n’a bu que quelques verres...

Saï parut deviner les songes de la belle. Il s’apprêtait à dire quelque chose, lorsque celle-ci se leva, lui agrippa la main. Il comprit, la tira vers la sortie, avec un air terriblement satisfait.

La course fut intense, passionnée. Ino jubilait presque... Elle venait de faire un pas en dehors de sa pataugeoire.



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